Des missions Rock’n Roll

Les missions sont longuement préparées en amont dans leur fond et leur forme ... ce qui n’a pas toujours empêché quelques « aventures ».

Un aller-retour dans la même journée.

Départ en mission au Togo. Presque à la fin du vol (de nuit), la mort du président Eyadema est annoncée. Le pays ferme aussitôt ses frontières terrestres et aériennes. Avion détourné sur le Bénin. Passagers bloqués plusieurs heures dans la zone de transit. Puis un choix à faire : quitter l‘aéroport et passer clandestinement la frontière terrestre toute proche de Lomé, ce que les passagers autochtones choisissent de faire pour la plupart - ou remonter dans l’avion et être rapatrié, ce que choisit heureusement notre missionnée, avec l’autre moitié des passagers. Elle se retrouve à Roissy quelques heures plus tard … bien décontenancée !

Des arrivées « folklo ».

Des certificats de vaccination oubliés, ou mis par mégarde dans la valise en soute. Et les autorités locales qui veulent vacciner sur place. Des discussions, palabres, appels, pour passer tout de même.
Un douanier zélé qui ouvre l’audiomètre bien emballé et, après avoir appris la fonction de cet appareil bizarre, demande à ce qu’on lui fasse passer sur place un audiogramme. Heureusement pas de branchement électrique à proximité et les autres voyageurs qui s’impatientent. Audiomètre réemballé à la va-vite pour passer enfin la douane.

Des hébergements de toutes sortes.

Première mission au Cameroun, les missionnées apprennent qu’un gardien sera là toutes les nuits devant leurs « cases de passage », il est équipé d’un grand arc avec des (vraies) flèches. Elles le questionnent sur cet armement surprenant. « C’est pour les serpents … et les bandits ». « Il y en a souvent ? » « Parfois » … Heureusement aucun serpent ou bandit signalé pendant ces 2 semaines – et un gardien sympathique qui veut qu’on lui raconte Paris. « Vous avez déjà vu la tour de Monsieur Gustave Eiffel ? »
Mission suivante, hébergement plus sécurisé, chez des religieuses à la périphérie de la ville. Premier matin, le taxi prévu pour rejoindre le lieu de la mission arrive. C’est une « moto-taxi » … en réalité une mobylette sur laquelle les deux missionnées, chargées de sacs et matériel, doivent monter toutes deux derrière le chauffeur. Un transport couleur locale.

Des événements imprévisibles.

Au Nord-Cameroun, l’avion des lignes intérieures (pris 15 jours plus tôt) est cloué au sol par les autorités parce que jugé trop vétuste. Pas d’autre avion avant quelques jours. Taxi-brousse jusqu’à la première gare, plus au sud. Train de nuit pris d’assaut parce que seul moyen de regagner le sud du pays … mais c’est un train pour Yaoundé. Nouveau bus de Yaoundé à Douala. Et arrivée à Douala avec 48 heures de retard pour négocier une place dans un avion pour la France.
Au Niger, en 2010, les deux missionnées doivent intervenir dans les 3 écoles pour jeunes sourds du pays. La voiture qui les avait conduites à Maradi étant tombée en panne, elles font en bus le trajet retour vers Niamey, voyage au cours duquel elles apprennent par les téléphones des autres passagers qu’un coup d’état est en cours à Niamey. L’ambassade de France, leur conseille de rester sur place et de ne pas entrer dans Niamey, mais elles sont déjà en route et ne savent pas où s’arrêter. Elles restent donc avec les autres passagers dans le bus où elles attendent que leurs correspondants viennent les rechercher. Plus de peur que de mal heureusement.

Et des retours … chargés.

Une missionnée au Togo a visiblement apprécié la cuisine locale et surtout les mangues. A l’aéroport ses collègues locaux lui apportent un immense carton plein de légumes et de fruits. Palabres avec le personnel à l’enregistrement qui est sensible à l’argument « cadeau témoin de l’hospitalité locale » et accepte finalement de mettre gratuitement le carton en soute. Heureusement cette missionnée est attendue à l’arrivée à Paris par une personne qui l’aide à récupérer et transporter le carton … dont le contenu fera des heureux !
A deux autres missionnées, au Congo cette fois, on apporte à l‘aéroport plusieurs petits tabourets de vannerie devant lesquels elles s’étaient extasiées au marché. Elles sont obligées de démarcher les autres passagers pour leur confier des tabourets … qu’elles ne retrouveront pas tous à l’arrivée !

Toutes ces petites (et plus grandes) mésaventures, toujours bien terminées pour les missionnées - et qui, il faut bien l’avouer, donnent des couleurs et du relief à leurs souvenirs personnels – ont également contribué au fil du temps à élaborer, compléter et améliorer la charte de sécurité d’OdM !